Face à l’attaque d’Angela Merkel contre le siège strasbourgeois du Parlement européen, les soutiens à la capitale alsacienne se sont multipliés sur les deux rives du Rhin, témoignant de l’importance politique et historique de Strasbourg pour le Parlement.

La Chancelière avait déclaré en juin dernier à Munich lors d’une réunion du Parti populaire européen dans le cadre d’une politique d’économies budgétaires « je pense que le Parlement européen doit concentrer son travail sur un seul site », sous-entendu Bruxelles. Les réactions ont été unanimes en soutien du siège du Parlement européen à Strasbourg, en vertu des Traités européens.

Un statut fixé par les Traités

Ainsi, la Ministre française chargée des affaires européennes Nathalie Loiseau déclare que « le statut de capitale européenne de Strasbourg est intangible et non négociable ». La Députée européenne française Anne Sander a pour sa part appelé le Président Macron à « une déclaration sans concessions […] pour réaffirmer l’attachement de la France au siège du Parlement européen et son opposition totale à toute nouvelle renégociation des Traités ». La région Grand Est rappelle dans une motion qu’il s’agit de « la seule Institution européenne sur le territoire français ».

La France doit être à la hauteur de son histoire européenne

Anne Sander déclare aussi souhaiter que « la France soit à la hauteur de son histoire européenne ». Dans une motion commune franco-allemande – CDU Südbaden / Majorité Alsacienne, cet argument est développé : « l’Histoire a conféré à Strasbourg et à l’Alsace une symbolique et une mission particulière dans le renforcement de l’amitié franco-allemande et dans la construction européenne. Remettre en cause le siège du Parlement Européen à Strasbourg, capitale européenne de la démocratie et des Droits de l’Homme reviendrait à remettre en cause ces fondements essentiels de la construction transfrontalière et européenne ». Pour le Conseil départemental du Haut-Rhin, « remettre en cause le siège du Parlement européen à Strasbourg revient autant à tourner le dos à notre Histoire, qu’à notre avenir européen », via une motion.

Une instrumentalisation des déclarations

Le Maire de Strasbourg, Roland Ries, voit dans l’agitation autour de cette « petite phrase » « certes une campagne des Européennes qui s’annonce, mais […] surtout l’instrumentalisation de la question du siège dans le débat par de potentiels candidats ne peuvent qu’affaiblir la position de Strasbourg ». Mais concernant la déclaration même de la Chancelière, il la décrit comme « une maladresse de communication, puisque les autorités allemandes n’ont eu de cesse que de répéter qu’il fallait respecter les traités ».

Dans une motion adoptée le 25 juin 2019, le Conseil municipal de Strasbourg demande, au-delà d’une « déclaration de principe des autorités françaises rappelant leur attachement à l’esprit et à la lettre des Traités », que « des signes visibles soient donnés à Strasbourg à quelques mois des échéances électorales européennes » notamment lors du prochain Conseil européen. Le Conseil municipal de Reims a également adopté une motion demandant qu’il n’existe « aucune ambiguïté dans la mobilisation des autorités locales et nationales en faveur de Strasbourg ». Dans le même sens, via une motion, le Conseil départemental du Bas-Rhin appelle « les Gouvernements français, allemand et européens, à réaffirmer leur attachement indéfectible au siège du Parlement européen à Strasbourg, au nom de l’Histoire, de l’avenir et de l’idéal européen ».

En conclusion, et dans le contexte des problèmes immobiliers actuels du Parlement à Bruxelles, s’il doit y avoir un siège unique pour le Parlement européen, la réponse est à Strasbourg.

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